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Menaces sur les lignes ferroviaires régionales – Courrier de la FNAUT Hauts-de-France

20 juillet 2016 | Posté par Lutece dans Actualités

 

Courrier envoyé le 12 juillet 2016 à G. Darmanin, Vice-Président de la Région Hauts-de-France en charge des Transports

Objet : Fermeture de lignes

 

Monsieur le Vice-Président,

Nous venons de prendre connaissance du rapport que vous avez présenté en plénière du Conseil Régional « Hauts de France » sur l’avenir des transports et infrastructures de transports dans notre région.
Si ce rapport présente des orientations que nous jugeons positives en matière de transports collectifs, nous sommes alertés par le constat fait sur l’état du réseau ferroviaire, notamment sur « la disparition programmée des dessertes TGV de la Région » et surtout sur l’avenir de certaines lignes TER, puisque l’on apprend que 515 km de voies en mauvais état sont déjà impactées par des limitations de vitesses, et que 465 M€ seront nécessaires pour éviter leur fermeture d’ici 2022. Le calendrier des fermetures est même déjà annoncé :

Ascq – Orchies mai 2015
La Ferté-Milon – Fismes 2016
St Pol – Etaples 2017
Abbeville – Le Tréport 2018
Beauvais – Abancourt 2018
Lille – Comines 2019
Lourches – Valenciennes 2019
St Pol – Béthune 2019
St Pol – Arras 2020
Abancourt – Le Tréport 2020
Laon – Hirson 2022
Crépy en Valois – Laon 2024
Douai – Cambrai (date non précisée)

Si nous notons avec satisfaction que Beauvais – Abancourt – Le Tréport, l’Etoile de Saint-Pol sur Ternoise et Ascq-Orchies figurent bien au contrat de plan Etat Région, nous sommes très inquiets sur le devenir des autres lignes citées.
Nous protestons fermement contre cette dégradation annoncée. L’Etat (responsable de la politique des transports et actionnaire exclusif de la SNCF, et donc responsable depuis des années de cette incurie), SNCF Réseau (en y mettant les moyens) ont le devoir d’agir. La Région à travers le Contrat de Plan Etat Région doit intervenir aussi.

Par ailleurs nous nous interrogeons sur le sérieux du diagnostic établi par la SNCF.
En effet, si la vétusté globale du réseau classique et l’état d’abandon de certaines lignes ne font aucun doute, certains cas présentés dans votre rapport nous surprennent :

–    la ligne Laon – Hirson a été rénovée entre 2000 et 2002 grâce à un financement régional. Il est peu compréhensible qu’elle soit déjà en mauvais état ou du moins qu’il faille la rénover entièrement.

– La ligne Abbeville – Le Tréport, qui, en plus de desservir des communes rurales, permet un accès aisé à un site touristique majeur de la Région depuis la Somme, l’Aisne et le Pas-de-Calais, est menacée à très brève échéance (2018) alors que des travaux de remplacement de traverses, de rails et de relevage de la voie étaient prévus en 2016 et en 2018 (Cf. annexes de la Convention TER Picardie).

Quid des obligations contractuelles de SNCF Réseau ?

Un diagnostic indépendant sur l’état des lignes et le coût réel des travaux nécessaires serait sans doute judicieux étant donné ces interrogations.

– Comment la SNCF peut-elle envisager la fermeture de Crépy – Laon, fut-ce en 2024, alors que c’est une ligne très empruntée qui transporte des milliers de salariés vers l’Ile de France ? II est inacceptable que l’Etat et SNCF Réseau n’assument pas la rénovation de lignes sur lesquelles le nombre de circulations est important. Pour mémoire Crépy – Laon offre 16 TER dans chaque sens !
Cela démontre que la seule utilisation de la classification UIC des lignes par SNCF Réseau, pour statuer sur l’avenir de ces dernières, est déconnectée du nombre d’usagers transportés et à fortiori de l’intérêt réel des lignes en terme d’aménagement du territoire.

En tant que fédération d’associations d’usagers, nous pensons que chacun doit assumer ses responsabilités (Etat, SNCF et Régions… qui font déjà beaucoup) en dégageant les budgets nécessaires. Même si le montant des travaux paraît élevé, c’est un investissement nécessaire pour l’avenir et qui n’est pas hors de portée de notre grande Région avec l’aide de l’Etat et une recherche d‘optimisation des coûts.
Est-il nécessaire de rappeler qu’à nombre d’arrêts équivalents, l’autocar est dans la très grande majorité des cas plus lent et dans tous les cas moins sûr et beaucoup moins confortable que le train circulant sur une ligne en bon état ?
De plus nous insistons sur le fait que les fermetures de lignes, si elles étaient effectives, seraient probablement irréversibles puisque l’expérience montre qu’il est très difficile de réouvrir une ligne dont l’exploitation a été simplement suspendue.
Notre région a la chance de posséder un patrimoine exceptionnel qu’il serait criminel de ne pas préserver, c’est pourquoi un « Plan rail » à l’échelle de la désormais grande région nous apparaît nécessaire.
En parallèle, des méthodes innovantes comme vous l’évoquez dans votre rapport (meilleure polyvalence des agents, matériel léger, arrêts facultatifs dans certaines gares de lignes secondaires comme cela existe dans d’autres pays européens, tarification incitative) devraient être mises en œuvre afin de maîtriser les coûts d’exploitation et renforcer l’attractivité de ces lignes.

Nous espérons, Monsieur le Vice–Président, que vous porterez attention à nos analyses et suggestions et que nous pouvons compter sur votre appui pour le maintien de ces lignes qui jouent un rôle important dans la vie quotidienne de nombreux habitants de notre région, ce dont vous vous faites d’ailleurs l’écho dans le rapport que vous avez présenté.

Nous vous en remercions à l’avance et vous prions d’agréer l’expression de nos sincères salutations.

 

Christiane Dupart,
Présidente

Copie à la Direction régionale SNCF

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