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Compte rendu de la réunion du 01/12/2014

12 décembre 2014 | Posté par Lutece dans Actions en cours | Actualités

Elle a réuni, à Amiens, Conseil Régional, associations et collectifs, SNCF (Ter et Intercités) et Réseau Ferré de France (RFF).
Etaient présents : IDR 80, Sncfvamtuer, LUTECE, la Fnaut Picardie, le représentant de RFF, D. Normant (TER), A.Hua (Intercités), Direction transport du CRP

 Nous étions conviés à cette réunion organisée principalement à la demande du collectif IDR80


1 – Présentation de RFF

Généralités sur la fonctionnement du ferroviaire

RFF a dans un premier temps expliqué d’une manière très généraliste quelques principes de l’exploitation ferroviaire (espacement des trains, cisaillements…) et certaines contraintes qui entrent en compte dans la conception d’un plan de transport (saturation de la Gare du Nord, infrastructures peu performantes à Creil, Breteuil ou Compiègne…).
Une présentation qui s’adressait plus à des non-initiés qu’à des responsables d’associations : nous avons appris ce que nous savions déjà.

Des questions ont été posées par IDR80 sur l’arbitrage dans l’attribution des minutes d’arrivées et de départ de Paris-Nord entre Intercités, TER, et TGV (dont Eurostar et Thalys).

Selon RFF, il est impossible de revoir les horaires des TGV, notamment en ce qui concerne les internationaux, car cela imposerait de changer les horaires des trains sur une étendue géographique bien plus importante que la Picardie.
Certains sillons seraient inutilisés mais réservés à certaine période de l’année, par exemple pour permettre à Thalys d’adapter ses horaires pendant une période de travaux sur la Ligne à Grande Vitesse.

Des possibilités de développement de l’infrastructure, dont certaines sont en projet (séparation des circulations Paris / Persan / Beauvais au sud de Creil) ont été évoquées, mais beaucoup d’aménagements présenteraient un intérêt très limité réalisés individuellement.

L’étude de SMA, base du Service Annuel 2015

La seconde partie de la présentation de RFF portait sur l’étude commandée à SMA.

– Son contexte

L’échec du pseudo-cadencement appliqué en décembre 2011 (SA 2012), reconnu unanimement comme responsable d’une détérioration nette et brutale de nos conditions de transport d’une part (mauvaise répartition des trains sur le tronçon le plus chargé, donc des usagers), et de la régularité d’autre part (manque de « robustesse »).
Les rustines mises en place progressivement, grâce à la mobilisation des usagers (pétitions, dossiers de médiation…) n’ont pas suffit à corriger les problèmes de fond.

Une première étude, consistant à modifier les horaires entre Creil et Paris sans toucher à la desserte des autres gares n’aurait pas abouti à un résultat satisfaisant.
A partir de cela, la Région RFF et la SNCF ont commandé une étude de plus grande envergure au cabinet SMA, avec pour principaux objectifs d’améliorer la régularité et de limiter la surcharge des trains (notamment les omnibus)

– Ses résultats

Plusieurs groupes de scénarii ont été proposés par ce bureau d’étude :
– Système de navettes Creil – Paris et trains en correspondances pour les gares des deux branches Nord, très défavorable aux usagers du Nord de Creil
– Trains longs entre Paris et Creil, coupés à Creil, une rame allant en direction d’Amiens et l’autre en direction de St-Quentin (et inversement dans l’autre sens), principe très complexe à gérer en cas de retard d’un train et augmentant les temps de trajet
– Scénarii mixtes (mélange des deux précédents)
– Missions actuelles, mais avec des horaires modifiés

Le choix du Conseil Régional s’est porté sur le groupe reprenant les missions actuelles.
Le scénario finalisé prévoit la possibilité de faire circuler en période de pointe, un train semi-direct exactement toute les ½ heures (un Paris – Amiens et un Paris – St-Quentin), un train omnibus tous les ¼ d’heure entre Paris et Creil (certains étant prolongés jusqu’à Compiègne ou St-Just/Amiens), et un Intercités par heure sur chaque branche, direct entre Paris et Longueau ou Paris et Compiègne.

Dans les faits, seuls trois omnibus par heure sur les 4 circulent entre 17h et 19h (contraintes matérielles et budgétaires).
De plus,
nous savons désormais que le matériel engagé, aux heures de pointe, sur certains trains comporte un nombre de places assises inférieur à celui prévu par le bureau d’étude.

– L’impossibilité de répondre à certaines demandes

Pour conclure cette présentation, nos interlocuteurs ont ensuite choisi d’illustrer de manière très partielle et approximative les contraintes d’exploitation par deux demandes auxquelles ils n’ont pas répondu favorablement.

– Le prolongement du 17h22 (Paris > Creil) vers Compiègne
Demandé par SNCFvamtuer et LUTECE, en remplacement du 18h10 Creil > Compiègne afin de préserver la fréquence d’un train chaque ½ heure pour Rieux et Pont-Ste-Maxence.
Demande refusée car « insuffisamment robuste » et imposant l’utilisation du matériel Z26500 (sous peine de créer un conflit de circulation) alors que la Région souhaite prendre en référence le temps de parcours du matériel le moins performant (V2N).

– Le prolongement du même train, mais cette fois vers Amiens
Egalement demandé par SNCFvamtuer pour améliorer la desserte de Clermont/St-Just et par IDR80 (en supprimant éventuellement les arrêts à Orry et Chantilly et en remplacement du 17h04, qui deviendrait sans arrêt jusqu’à Longueau).
Proposition refusée car imposant des dépassements à Creil, à Breteuil, imposant de modifier la desserte et le temps de parcours d’autres trains, et nécessitant du matériel supplémentaire.
Suite à cette demande, le conseil régional a adopté une position « ferme et définitive » sur ce train : « il n’ira ni à Amiens, ni à Compiègne ». Mais ce n’est pas cela qui va nous décourager…

2 – Intervention des représentants des usagers et débat sur les nouveaux horaires

Le collectif IDR80 est intervenu pour appuyer sa demande consistant en la création d’un 2ème train direct Paris > Longueau/Amiens par heure (à 17h01 et 18h01).
La desserte de Rue et Noyelles sur Mer, qui demeure très dégradée (7h sans train) malgré l’obtention d’arrêts Intercités par le collectif, a également été évoquée.

Deux représentants Clermontois du collectif SNCFvamtuer ont protesté (pétition à l’appui) contre le décalage de 30 minutes des trains semi-directs Amiens – Paris. Les nouveaux horaires, qui reprendront les minutes d’arrivée (53/56) et de départ (01/04) actuelles de Paris des semi-directs St-Quentin et des directs Amiens – Paris, ne seraient pas adaptés aux besoins des Clermontois.
Pour LUTECE, même si ces changements de grande envergure vont mettre dans la difficulté les usagers qui étaient satisfaits des horaires actuels, il nous semble que nous ne pouvons pas à la fois dénoncer depuis 3 ans, comme les collectifs, l’échec des horaires appliqués depuis 2012, et refuser dans le même temps que les horaires changent. Nous devons aussi prendre garde à ne pas faire le même amalgame que les communiquants de la SNCF et certains journalistes, entre CHANGEMENT (horaire décalés) et DETERIORATION (réduction de l’offre, attente plus longue entre les trains…), le premier étant parfois utilisé pour occulter le second.
Nous devons nous battre en priorité contre les dégradations générées par le nouveau plan de transport, par exemple :
– il ne sera plus possible d’arriver à Paris entre 9h53 et 12h53 depuis St-Just ou Clermont, et aucun départ ne sera proposé de Paris entre 7h34 et 9h07. C’est l’objet ce cette pétition.
– La desserte de Pont Ste Maxence et Rieux-Angicourt est fortement détériorée en période de pointe : offre réduite, trains moins bien répartis qu’actuellement le matin comme le soir (voir notre analyse et propositions)

Les représentants d’Intercités ont quitté la réunion vers 20h00, avant que la FNAUT Picardie et LUTECE aient pu les interpeller sur les suppressions d’arrêts dans les gares intermédiaires de la ligne Amiens – Paris en contre-pointe et en fin de matinée, sur l’absence d’Intercités Amiens > Paris pendant trois heures en fin de matinée alors que trois IC se suivent en milieu de journée, sur la desserte de Noyon (dont l’association n’a pas été invitée), etc…
Cela montre une fois de plus le mépris dont fait preuve cette activité, qui a été très peu coopérative durant toute la consultation sur le Service Annuel 2015.

La FNAUT Picardie a regretté l’information insuffisante et trop tardive donnée aux usagers, et demandé qu’un suivi du nouveau service soit mis en place avec les représentants des usagers. Un effort particulier sur la gestion des correspondances (mise en place scénarii, information à bord des trains…) a une nouvelle fois été réclamé.
D. Normant a confirmé que des observateurs de la SNCF seront disposés dans les gares dès le 15 décembre.

LUTECE a demandé que des engagements soient pris par RFF et par la SNCF afin que des aménagements du SA 2015, qui s’avèreront certainement nécessaire pour corriger d’une part certains problèmes de manque de places ou de régularité et d’autre part pour répondre à des demandes fortes qui n’ont pas été obtenues durant la consultation, puissent être mis à l’étude dans les meilleurs délais. Le service de plein été doit pour nous être l’occasion d’expérimenter des modifications, sans attendre le Service 2016.
RFF a répondu que des ajustements seront étudiées, s’ils sont demandés par la SNCF (et donc par la Région). Il va de soi que la mobilisation des usagers et des élus locaux sera déterminante.
Les compositions des trains ont une fois de plus été demandées… Au grand étonnant de D. Normant qui pensait nous les avoir transmises.

Nous avons enfin appris que le TER Compiègne > Paris de 7h29 circulera bien (La FNAUT et LUTECE avaient alerté les usagers et le maire de Compiègne sur sa possible suppression).

NB : nous avions pu avant la réunion plénière traiter des questions plus spécifiques

  • sur la mise en place de taxis TER dans les points non desservis par la nouvelle grille, suite à la demande de la FNAUT (desserte de Mennessis le dimanche matin). Demande d’amélioration de l’information sur ces taxis TER ( en gare, en mairie etc…)
  • Sur l’information aux usagers : Aucune fiche horaire ne sera diffusée en raison de la modification des horaires en cours d’année liée aux travaux. Nous demandons en conséquence que l’information soit affichée clairement en gare et que les guichets puissent imprimer une fiche pour les usagers qui ne sont pas branchés sur Internet.

Conclusion : comme nous le craignions, cette réunion, dont la tenue aurait été plus pertinente au début de la consultation menée par la Région, n’a pas permis d’obtenir des avancées concrètes pour les usagers.
Des problèmes, que nous avons soulevé dans nos différentes publications, ont pu être soulignés une nouvelle fois, mais sans qu’il soit possible de les traiter de façon exhaustive.
Loin d’être un aboutissement, Le Service 2015 est pour nous le point de départ d’un plan de transport qu’il faudra améliorer, les aménagements que nous avons pu obtenir n’étant pas suffisants.

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