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Compte rendu du CORETER de l’Oise du 19/06/2017 à Creil

24 juin 2017 | Posté par Alexis dans Actions en cours | Actualités

Etaient présents (entre autres)
Pour le Conseil Régional : D. Rumeau, M. Desmaretz (Direction Transports)
Pour SNCF : D. Normant (Directeur TER Picardie), Y. Dubreucq (SNCF Réseau)
Pour les associations d’usagers : A. Cosma (Pdt LUTECE), C. Dupart (Pdte Fnaut Hauts-de-France), P. Borycki, B. Royant (LUTECE) et d’autres usagers (Saint Just, Clermont)
Deux élues locales (Noyon et Villers Saint Sépulcre) et trois élues régionales (A. Fontaine, S. Hérizi et F. Massau),
S. Defontaine (SMTCO)

Un comité qui s’est déroulé dans un contexte particulier puisque le Vice-Président du Conseil Régional en charge des Transports, G. Darmanin, est entré au gouvernement bien que n’ayant pas encore quitté ses fonctions au sein de l’exécutif régional.

Si on a pu noter et apprécier la présence d’un certain nombre d’élus locaux, les usagers étaient quant à eux moins nombreux que lors de la précédente réunion. L’annonce tardive du comité, le choix d’une salle relativement éloignée de la gare et le trafic ferroviaire perturbé par les « fortes chaleurs » n’y sont probablement pas étrangers !

La question des réunions de comités à  Beauvais et à Compiègne que le Conseil Régional avait « provisoirement » supprimées en 2016 avant d’annoncer leur retour est évoquée par D. Rumeau : aujourd’hui, la question n’est pas tranchée.
D. Rumeau explique que la nouvelle formule des CORETER a vocation à présenter les actions en matière de transport sur l’ensemble du territoire régional.
Soit, mais on ne voit pas bien en quoi cela justifie de réduire le nombre de comités, réunions de proximité très utiles étant donné la diversité des situations d’une ligne à une autre et la difficulté des usagers à se rendre en soirée dans une ville éloignée de leur domicile.

D. Rumeau annonce (ou plutôt rappelle) les actions engagées par la Région :

– La reprise des trains Intercités par la Région au 1er janvier 2019
Le Conseil Régional a en effet obtenu une subvention à hauteur de 50% du déficit d’exploitation, 10 rames bi-modes neuves pour Boulogne <> Paris, qui seront livrées début 2019 ainsi que 250 M€ afin de remplacer les Corail en fin de vie sur Paris <> Amiens et Paris <> St-Quentin <> Maubeuge / Cambrai.
Le choix d’un matériel à deux niveaux dérivé du Régio2N en version « grandes lignes » (aussi appelé Omneo Premium) a été confirmé pour ces relations. Les options d’aménagement restent encore à définir. Nous avons d’ailleurs exprimé nos doléances à la Région concernant ce nouveau matériel et avons depuis été reçus au Conseil Régional pour échanger sur ce sujet.
D. Normant précisera ensuite que ces rames seront mises en service entre 2019 et 2021 en priorité sur Paris <> Amiens, sans expliquer ce choix en détail.

Sur le plan commercial, la Région va réitérer l’opération E’TER (billets de TER à 2€ vers des destinations touristiques des Hauts-de-France). La saison 2016 ayant été un succès avec 100 000 billets vendus.

Vient ensuite le rappel des travaux développement ou de sauvetage des lignes et des gares (ceux qui sont donc principalement financés par la Région) :

– Le renouvellement de la ligne Beauvais – Abancourt – Le Tréport qui va permettre d’éviter une fermeture de la ligne à court terme et de rétablir la vitesse d’origine des trains. Une opération de sauvetage inscrite aux contrats plan Etat-Régions votés par les ex-Régions Picardie et Normandie, et qui est bien heureusement maintenue par la Région Hauts-de-France.
Pour mener ces travaux, la ligne sera fermée à partir de fin mai 2018 entre Beauvais et Abancourt, puis totalement à partir de la fin aout 2018, pour une réouverture prévue en décembre 2019. Ces travaux entraineront également la fermeture (officiellement temporaire) de la ligne Abbeville – Eu (-Le Tréport), qui elle, bien que vétuste, n’a pour l’instant aucun budget affecté à son renouvellement.
– Dans le même registre, les lignes de l’étoile ferroviaire de St-Pol sur Ternoise vont être rénovées avec les mêmes modalités de financement… Sauf que SNCF Réseau n’est pas en mesure de lancer ces travaux dans l’immédiat alors qu’ils étaient prévus par la Région Nord – Pas de Calais : la vétusté de la voie va entrainer la fermeture de ces lignes fin août 2017, et c’est seulement ensuite que les appels d’offre seront lancés. Il faudra donc attendre plusieurs années entre la fermeture et le début des travaux !
– La dernière phase de mise en accessibilité programmée de la ligne Creil <> Beauvais en juillet/août 2017 (cf. notre article détaillé)
–  L’accessibilité de la gare de Méru, sur plusieurs week-ends et de nuit, avec installation d’ascenseurs.

La politique de sûreté et de lutte anti-fraude, qui était un grand thème de G. Darmanin, est de nouveau évoquée avec l’installation de portiques de contrôle des billets à Creil et à Lille Flandres et la vidéoprotection (avec du personnel qui surveille les écrans en temps réel) dans plusieurs gares.
Nous rappellerons que nous souhaitons avant tout la présence de personnel sur le terrain, aussi bien pour la sécurité que pour l’information des voyageurs.

A plus long terme, des projets de grande envergure sont toujours en phase d’études et soutenus financièrement par le Conseil Régional :
– La passerelle au-dessus de l’ensemble des voies de la gare de Creil, qui rendra enfin les quais accessibles aux personnes à mobilité réduite et créera un débouché côté Nogent dans le cadre de projet « Gare cœur d’agglo ».(Lutèce  participe à la concertation sur ce projet )
Le projet Roissy – Picardie dont la mise en service est espérée pour les Jeux Olympiques de 2024, qui reliera par TGV Amiens et Creil à Strasbourg et Marseille, et surtout, permettra une liaisons cadencée par TER de plusieurs gares de l’Oise au pôle d’activités de Roissy.

Echanges avec la salle :

Les échanges commencent par les malheureusement habituelles, protestations contre les retards et l’inconfort des rames en capacité réduite et avec les conflits que cela peut entrainer entre usagers et agents, par exemple lors des contrôles.
Le cas de la Ligne Beauvais <> Paris est soulevé par une élue.
D. Normant reconnait que cette ligne, sur laquelle la régularité est habituellement relativement bonne par rapport aux autres grands axes de la Région, connaît une période difficile depuis 1 mois et demi, avec une régularité particulièrement basse en mai (88%).
En cause, de nombreux incidents en partie liés à la végétation et au climat (branches sur la caténaire,  orages violents), des difficultés sur le chantier de renouvellement des voies à Epinay et une recrudescence des franchissements intempestifs du passage à niveau de Deuil-Montmagny par des automobiliste, malgré la présence de la Police Municipale et d’un radar de franchissement. Notons que la suppression de ce passage à niveau, qui est le plus accidentogène d’Ile de France, est prévue. Mais il faudra attendre encore quelques années !

Sur les axes du Y Picard (Paris – Creil – Amiens / St-Quentin), la régularité est de nouveau repartie à la baisse après une embellie de quelques semaines. C’est malheureusement le schéma classique sur nos lignes !

Outre les incidents, la desserte de certaines gares est également jugée insuffisante :
C’est par exemple de cas de Noyon qui a perdu un arrêt important le matin. Il est espéré qui la reprise des Intercités par la Région améliore la situation… Mais D. Normant rappelle que certains habitants des villes plus éloignées veulent des trains avec le moins d’arrêts possibles.
Les haltes et petites gares autour de Creil ont une nouvelle fois été évoquées par un usager de Villers-St-Paul. La desserte insuffisante de certaines de ces dernières (1 train par heure au plus fort de l’heure de pointe) et l’attente généralement sans moyen de substitution en cas de suppression d’un train limitent leur potentiel de désaturation des axes routiers menant à Creil.

Plusieurs sujets concernant la tarification :

Tarification Intercités
Après avoir contacté la direction Intercités, sans avoir été suffisamment entendus, nous protestons contre la nouvelle politique tarifaire mise en place par Intercités (dont les représentants ont brillé par leur absence). Les billets achetés pour un train Intercités ne sont en effet plus valables sur les TER et permettent uniquement l’accès au train Intercités désigné sur le billet, sauf à payer une surtaxe relativement importante (environ 5€ sur un trajet Creil – Paris). Les porteurs de cartes de réduction sont également défavorisés par ce nouveau système : réductions parfois moins importantes qu’auparavant et conditions d’accès durcies.
Ces conditions tarifaires ne sont donc pas adaptées aux lignes sur lesquelles dessertes TER et Intercités sont fortement imbriquées.
Bien que cette l’introduction de tarification apporte quelques avantages comme des tarifs réduits sur certains trains, D. Normant reconnait qu’elle n’est pas du tout adaptée aux lignes des Hauts-de-France et annonce qu’une discussion va être engagée avec Intercités pour revenir à un système plus rationnel en attendant la reprise par la Région.

Vente en ligne des billets TER
Nous rappelons également notre demande de rouvrir la vente des billets TER ouverts (valables sur plusieurs trains) et échangeables/remboursables sur les applications smartphone et le site voyages-SNCF. Aujourd’hui, seuls des billets dédiés à un seul train et non-échangeables sont disponibles via ces canaux.
D. Normant nous répond que cela est lié à la refonte du système de vente et que les autres conditions tarifaires vont progressivement être réintégrées… Mais cela va prendre « un peu de temps ».

Nous évoquons enfin les difficultés d’accès à l’abonnement de travail pour les usagers en contrats courts.
Ces salariés ne peuvent pas toujours bénéficier de l’abonnement travail faute de pouvoir présenter suffisamment tôt l’attestation signée par l’employeur, c’est-à-dire avant leur premier trajet, alors que ce ne sont généralement pas les mieux lotis d’un point de vue salarial !
D. Rumeau prend note et reconnait qu’un assouplissement est souhaitable.

Plusieurs usagers émettent également des remarques sur les règles tarifaires ou sur l’indemnisation :
– le mur tarifaire créée entre les gares qui sont éligibles à la soudure tarifaire entre abonnement régional et pass Navigo et celles qui ne le sont pas.
D. Normant rappelle qu’il s’agit d’une règle définie par la Loi et que le dézonage total, décidé unilatéralement par l’ancienne majorité francilienne fait perdre 7 Millions aux Hauts de France, qui ne peuvent donc pas prendre en charge sans compensation une éventuelle extension de la soudure tarifaire.
–  Une usagère juge les conditions d’accès à l’indemnisation de 20% arbitraires. Il n’est par exemple pas possible d’en bénéficier en cas d’interruption de l’abonnement durant 2 semaines sur la période de 2 mois de régularité inférieure à 87%
D. Normant répond que les règles sont ce qu’elles sont mais que des modifications pourront être apportées avec la négociation de la future convention TER (2019).
Une négociation à laquelle nous avons rappelé que nous souhaitions prendre part !

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