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Les nouvelles rames TER « Régio2N XL » arrivent ! Et après ?

13 juin 2017 | Posté par Alexis dans Actualités

A partir du 9 juillet 2017, les premières des 7 rames commandées en 2013 par la Région Picardie entreront progressivement en service sur les lignes Amiens <> Paris et Compiègne <> Paris.
Il aura fallu attendre plus de 3 ans pour que les premières de ces nouvelles rames soient enfin été livrées depuis l’usine Bombardier de Crespin, dans le Valenciennois, afin de permettre la formation des agents. C’est dire l’importance d’anticiper bien en amont les investissements !

Ces rames de 720 places assises permettront, lorsqu’elles circuleront en trains longs, de constituer des trains de 1440 places assises. Un record pour du matériel TER ! Record qui était jusqu’à maintenant détenu par nos vénérables voitures à deux niveaux « V2N » (1370 places), dont la disponibilité, faisant cruellement défaut, oblige très régulièrement à utiliser des demi-trains de capacité beaucoup plus faible aux heures de pointe.

L’achat de ce matériel répond donc à l’enjeu majeur d’éviter la circulation de trains courts aux heures de pointe, tout en étant apte à couvrir les circulations les plus fréquentées.

Revers de la médaille, l’obtention du nombre d’un nombre de places assises suffisant pour assurer les trains les plus chargés tout en respectant les impératifs d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite a conduit à recourir à une architecture particulière :


Régio2N XL salle basse– Les sièges (au demeurant très fermes) sont disposés en rangées de 3+2 sièges, disposition que connaissent bien les usagers des lignes RER et qui était cependant déjà présente sur certaines lignes TER.
– Les voitures sont plus courtes, ce qui permet d’en augmenter la largeur tout en restant dans le gabarit réglementaire dans les courbes. Ce gain de largeur compense seulement en partie le passage à 5 sièges de front : les sièges sont tout de même plus étroits que ceux des précédentes générations de rames TER.
– Par contre, le pas de siège (écartement entre deux rangées) a été sensiblement augmenté, ce qui ravira les personnes de grande taille.
– Les rames sont équipées de la climatisation, de prises entre chaque siège et de tablettes, qui feront cependant difficilement oublier le niveau de confort sommaire des sièges.
– Un emplacement destiné aux utilisateurs de fauteuil roulant est situé dans une voiture d’extrémité, qui comporte également un WC accessible.
– Les véhicules intermédiaires à 2 niveaux ne comportent pas de portes : des voitures à 1 niveau, très courtes, sont disposées entre chaque voiture à étage. Elles comprennent deux double-portes d’accès par côté, quelques sièges et strapontins ainsi que les WC et les emplacements vélos. On accède donc aux voitures à deux niveaux en empruntant quelques marches puis les intercirculations, ce qui peut être déroutant.
Malgré notre mise en garde, la Région Picardie n’a, contrairement à sa voisine Nord – Pas-de-Calais, pas retenue l’option « intercirculation élargie » qui faisait selon elle supprimer trop de sièges. Espérons que ce choix ne pénalise pas trop les temps d’échanges.
– Plus inquiétant, sur les conseils de la SNCF qui a mis en avant la faiblesse (malheureusement avérée) de ses installations électriques, et par soucis d’économie, la Région s’est contentée d’une motorisation faiblement dimensionnée… Loin derrière nos très nerveuses TER 2N NG ou Z26500 alors que le constructeur proposait pourtant d’ajouter des essieux moteurs. Il serait particulièrement navrant que la performance et la régularité des lignes soient pénalisées pour les 30 prochaines années par ce choix sans doute irréversible ! Nous verrons à l’usage.

Ce Régio2N résulte donc de compromis entre des impératifs parfois antagonistes. Il faudra veiller à ce que ce matériel soit utilisé comme il se doit : de préférence sur les trajets relativement courts (Paris – Creil, Paris – St-Just et Paris – Compiègne), en évitant les liaisons semi-directes Paris <> Amiens et Paris <> St-Quentin que de nombreux usagers empruntent de bout en bout.Régio2N XL Intercirculation

Les trains Corail/Intercités en fin de vie seront quant à eux remplacés par des nouvelles rames financées par l’Etat dans le cadre la reprise des Intercités par la Région, mais pas avant fin 2018 pour Boulogne <> Paris et probablement après 2020 pour le renouvellement complet des trains circulants sur Maubeuge / Cambrai <> St-Quentin <> Paris et Amiens <> Paris.
Concernant ces derniers, le conseil Régional Hauts-de-France qui a obtenu la possibilité de choisir le matériel, nous a confirmé le choix de rames techniquement similaires aux Régio2N TER mais heureusement dotées d’aménagements totalement différents et bien plus confortables.

Quid des V2N dans tout ça ?

Si l’arrivée progressive des 7 Régio2N d’ici fin 2017, soit 3,5 trains longs, sera la bienvenue, les matériels plus anciens seront toujours nécessaires.

TER Picardie exploite actuellement 8 rames V2N composées (théoriquement) de 9 voitures. A ce parc qui est nécessaire quotidiennement s’ajoute une 9ème rame de réserve, constituée dans le cadre du plan d’action de 2015.
Une rénovation à minima de ces voitures est engagée depuis 2016 : révision et remplacement d’organes techniques, remise à neuf des housses de sièges, quelques retouches de peinture… Mais rien pour rehausser le confort de ces trains. Pour l’instant, on ne peut pas dire que cette rénovation ait améliorée de façon visible la fiabilité de ces rames.
Les V2N sont tractées ou poussées par des locomotives (« BB15000R ») entretenues au dépôt d’Achères, dans les Yvelines, ce qui n’est pas sans poser de sérieux problèmes : TER Picardie doit partager le parc de locomotives avec la Normandie, les acheminements entre Achères et le dépôt du Landy (de dépôt de Saint-Denis) prennent du temps et enfin, nous sommes tributaires des conflits sociaux endémiques de la Région St-Lazare.

Les évolutions à court terme 

  • Première bonne nouvelle : alors que TER Picardie prévoyait initialement de se séparer d’une partie de ses V2N, la Région Picardie a heureusement fini par prendre la sage décision de conserver l’ensemble du parc, y compris l’actuelle rame de réserve. Il devrait donc être possible à la fois de renforcer les quelques compositions structurellement insuffisantes et de mieux respecter les compositions prévues… A conditions toutefois que la SNCF ne profite de ce surplus de matériel pour relâcher la maintenance !
  • Seconde bonne nouvelle : dès 2018, 11 locomotives BB15000R seront dédiées au TER Picardie. 6 d’entre-elles seront nécessaire pour assurer le plan de transport. Les autres seront placées en réserve opérationnelle ou en maintenance. Dès lors, leur entretien léger sera assuré à Amiens.
  • Rappelons aussi que le projet de centre de maintenance à Amiens, relancé en 2015, devrait sortir de terre d’ici 2019.

Ces évolutions que nous réclamions de longue date sont très positives, mais il n’en demeure pas moins que la situation risque de nouveau de se dégrader à moyen terme :
Même si elles devraient être un peu moins sollicitées, l’état de nos locomotives construites dans les années 70 ne va pas aller en s’arrangeant. Quant aux voitures 2N, si la rénovation actuelle leur confère un potentiel d’environ 10 années supplémentaires de service, leur niveau d’équipement et leur absence d’accessibilité trahit déjà une certaine obsolescence.
La Région doit prendre une décision concernant l’avenir de ces rames : choisir entre un programme de rénovation plus ambitieux et l’acquisition locomotives plus récentes (qu’il faudra modifier) ou l’achat de rames neuves.

Une décision qu’il faut prendre sans tarder puisqu’une fois que le contrat cadre du Régio2N, dans lequel peuvent « piocher » les Régions, aura expiré, il n’est pas certain qu’un matériel de capacité équivalente et adapté au réseau français soit disponible avant le début de la décennie 2030.
La construction des différentes versions des Régio2N déjà commandées par la Régions françaises devrait quant à elle se poursuivre au moins jusqu’à fin 2021.

Régio2N XL au Landy

Bonus :
Les circulations prévues en Régio2N XL à partir du lundi 10 juillet (sous réserve de disponibilité du matériel et du personnel habilité) :

     847808 (Compiègne 6h38 – Paris 7h41)
     847809 (Paris 8h40 – Compiègne 9h51)
     847812 (Compiègne 10h15 – Paris 11h21)

     847871 (Paris 15h34 – Compiègne 16h47)
     847876 (Compiègne 17h09 – Paris 18h29)
     847829 (Paris 18h40 – Compiègne 19h52)

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